Prendre soin de sa santé mentale grâce à l’écoute

Tandis que l’on parle de plus en plus ouvertement de santé mentale, voire de santé mentale complète ou positive, l’Association des centres d’écoute téléphonique du Québec (ACETDQ) a souhaité explorer les bienfaits de l’écoute sur cette partie essentielle de nos vies.

Pour ce faire, rien de telle qu’une rencontre avec Monique Boniewski, directrice générale de l’Association canadienne de la santé mentale, filiale de Québec, (ACSM) présidente du Mouvement santé mentale Québec (MSMQ) et présidente de l’ACETDQ.

Quelques éléments de définition de la santé mentale

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, la santé mentale se définit comme une composante essentielle de la santé. Elle se traduit par un état de bien-être permettant de se réaliser, de surmonter les tensions normales de la vie et de contribuer à la vie de sa communauté.

Le MSMQ ajoute qu’il s’agit d’un équilibre dynamique entre les différentes sphères de la vie : physique, émotionnelle, mentale, sociale, économique et spirituelle. Il précise également que la santé mentale est plus que l’absence de maladie. En ce sens, une personne peut vivre avec une maladie mentale et ressentir un bien-être mental qui pourrait se refléter à travers des relations satisfaisantes ou un emploi épanouissant, par exemple.

Les déterminants de la santé mentale et du bien-être psychologique

Lors de notre échange, Monique nous partage que notre santé mentale dépend non seulement de nos ressources psychiques, mais aussi du contexte social dans lequel nous évoluons.

Le bien-être psychologique d’une personne dépend en effet de six facteurs : l’acceptation de soi, l’autonomie, la croissance personnelle, le but ou le sens à la vie, des rapports positifs avec les autres, ainsi que la maîtrise de l’environnement.

Du côté du bien-être social, les déterminants sont l’intégration sociale, la contribution sociale, la cohérence sociale, l’acceptation sociale et la croissance sociale.

Apprivoiser la solitude et briser l’isolement

À la lumière des déterminants de la santé mentale, on comprend aisément que la solitude et l’isolement représentent des facteurs de risques pour cette première. Monique ajoute que la souffrance liée à l’isolement n’est pas qu’émotionnelle. Elle laisse des traces tangibles sur notre cerveau, comme l’ont constaté certains chercheurs.

Livia Tomova, chercheuse en neurosciences à l’Université de Cambridge a démontré par ses travaux que les gens qui vivent de la solitude chronique tendent à avoir plus de problèmes de santé physique et mentale. Ils souffrent plus d’hypertension et ils ont même un taux de mortalité plus élevé. Ces résultats suggèrent que le fait d’être avec les autres est nécessaire à notre survie.

Les bienfaits de l’inclusion sociale pour la santé

En poursuivant la conversation, Monique nous indique que de vastes réseaux sociaux diversifiés favorisent les relations de qualité et protègent contre la dépression et de l’anxiété. Une meilleure qualité relationnelle augmente le taux d’ocytocine (souvent appelée « l’hormone de l’amour ») et la présence d’une personne de confiance, ou même le simple fait de penser à elle, réduit les réponses cardiovasculaires et neuroendocrines associées au stress.

Autre fait intéressant révélé lors de son exposé : tous facteurs confondus, les deux plus importants facteurs prédicteurs de longévité sont les relations personnelles de confiance et l’intégration sociale.

L’écoute comme facteur de protection en santé mentale

En 2020-21, les trois principales causes qui amènent les gens à appeler un centre d’écoute sont la solitude et l’isolement (plus de la moitié des appels), l’anxiété et le stress, ainsi que les difficultés relationnelles (Rapport d’activité de l’ACETDQ, 2021).

L’écoute est présente quotidiennement. Elle influence toutes nos relations, qu’elles soient amoureuses, familiales, amicales, professionnelles ou sociales.

À la lumière de ces données, on comprend aisément comment l’écoute est un facteur de protection. Premièrement, elle permet de créer un contact, de nourrir un lien. Deuxièmement, elle permet de mieux se connaître. Troisièmement, l’écoute empathique telle que pratiquée par les centres d’écoute membres de l’ACETDQ offre un exemple et une expérience de communication positive.

Monique conclut son partage en disant : « Faire la promotion de l’écoute, cela aide non seulement à faire face à la détresse, mais cela est aussi bénéfique pour protéger, voire d’améliorer notre santé mentale ».

À PROPOS DE L’ASSOCIATION DES CENTRES D’ÉCOUTE TÉLÉPHONIQUE DU QUÉBEC

L’ACETDQ a pour mission de regrouper, de soutenir et de représenter les organismes communautaires qui offrent un service d’écoute active téléphonique, confidentiel et gratuit au Québec tout en promouvant, au sein de la société, les rôles et les bienfaits de l’écoute active pour la santé. Elle reconnaît l’écoute active et les centres d’écoute téléphonique comme des incontournables de la santé, de l’inclusion sociale et de la solidarité. Lignedecoute.ca

Consultez le répertoire de l’Association des centres d’écoute téléphonique du Québec (ACETDQ) pour identifier le centre d’écoute de votre région.

Vous souhaitez aider d’autres personnes en devenant écoutant bénévole? Découvrez-vous les opportunités de bénévolat dans le centre d’écoute de votre région.

Article rédigé par Marie-Julie Chaput sur base de la conférence donnée par Monique Boniewski devant les membres de l’Association des centres d’écoute téléphonique du Québec (ACETDQ).